
L’objet média n’est pas une finalité, mais un puissant écosystème d’impact social potentiel, souvent sous-exploité.
- La véritable valeur se crée en intégrant l’inclusion à chaque étape : co-conception avec des ESAT/EA, sourcing auprès d’acteurs locaux et représentation fidèle de la diversité.
- La cohérence et l’engagement sur le long terme avec une cause décuplent l’impact de vos actions et renforcent l’authenticité de votre message.
Recommandation : Adoptez une vision stratégique de la « chaîne de valeur inclusive » pour chaque objet commandé, transformant une dépense marketing en un investissement social mesurable.
En tant que responsable de la mission handicap ou diversité, vous cherchez constamment à donner du sens et de l’impact à chaque action de votre entreprise. Pourtant, un domaine reste souvent dans l’angle mort de la stratégie RSE : les objets publicitaires et les cadeaux d’entreprise. Trop souvent, la démarche se limite à apposer un logo sur un produit générique, en espérant que le message se suffise à lui-même. Certains vont un peu plus loin en choisissant un fournisseur estampillé « solidaire », ce qui est un premier pas louable mais insuffisant.
La plupart des approches se contentent de traiter l’objet comme un produit fini, un simple support de communication. Elles manquent une opportunité fondamentale. Et si la véritable clé n’était pas l’objet lui-même, mais l’intégralité du processus qui mène à sa création et à sa distribution ? Si chaque décision, du choix des matériaux à la logistique finale, devenait une occasion concrète de renforcer votre engagement social ? C’est en adoptant cette perspective d’un écosystème d’impact que l’objet cesse d’être un coût pour devenir un puissant levier d’inclusion.
Cet article vous propose de déconstruire la chaîne de valeur de l’objet média pour en révéler tout le potentiel inclusif. Nous explorerons comment transformer chaque commande en un acte militant, qui non seulement soutient des communautés, mais incarne et renforce la mission même de votre organisation. De la conception à la distribution, chaque étape est une chance de faire la différence.
Sommaire : Rendre vos objets médias acteurs du changement social
- Comment adapter vos commandes pour faire travailler des personnes en situation de handicap ?
- Pourquoi choisir un fournisseur local soutient le tissu économique de votre région ?
- Comment intégrer un mécanisme de don financier à chaque objet offert ?
- Pourquoi vos figurines ou illustrations doivent refléter la diversité de la société ?
- Pourquoi changer de cause sociale tous les ans brouille votre message sociétal ?
- Pourquoi travailler avec une entreprise d’insertion valorise votre commande ?
- Distribution ciblée ou arrosage large : quelle stratégie pour l’objet média ?
- Comment vos achats d’objets peuvent-ils soutenir les droits humains et l’économie solidaire ?
Comment adapter vos commandes pour faire travailler des personnes en situation de handicap ?
La première étape pour transformer un objet en levier d’inclusion est de repenser sa fabrication. Il ne s’agit plus seulement d’acheter un produit fini auprès du secteur protégé et adapté, mais de co-construire. Envisagez les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) et les Entreprises Adaptées (EA) non comme de simples sous-traitants, mais comme de véritables partenaires de conception. Cette collaboration en amont permet d’adapter le design de l’objet aux compétences spécifiques des travailleurs, valorisant leur savoir-faire et garantissant une production de haute qualité. Il est utile de rappeler la différence : un ESAT est une structure médico-sociale permettant une activité professionnelle, tandis qu’une EA est une entreprise à part entière employant majoritairement des travailleurs handicapés.
Cette démarche s’inscrit dans un écosystème déjà mature et performant. En France, selon le rapport 2024 de la DREES, plus de 172 000 personnes en situation de handicap travaillent au sein de 2 600 ESAT et EA. Loin des clichés sur la qualité, une étude révèle que 98% des donneurs d’ordre se disent satisfaits des prestations de ces structures, louant leur agilité et leur forte proximité territoriale.
Intégrer ces partenaires dès la phase de brief permet de créer un objet porteur d’une histoire authentique, celle d’une collaboration humaine et d’une valorisation des compétences. L’objet n’est plus seulement un produit, il devient le témoignage tangible d’un engagement sociétal réussi.

Comme le montre cette scène, l’environnement de travail inclusif favorise la créativité et l’implication. Chaque produit qui en sort est le fruit d’un processus qui a du sens, transformant radicalement la perception de sa valeur. L’objet devient une fierté, tant pour ceux qui le fabriquent que pour ceux qui le reçoivent.
Pourquoi choisir un fournisseur local soutient le tissu économique de votre région ?
L’impact d’un objet ne s’arrête pas à sa fabrication inclusive ; il se prolonge dans son ancrage territorial. Privilégier un fournisseur local, qu’il soit une Entreprise Adaptée, un ESAT ou une structure de l’Insertion par l’Activité Économique (IAE), c’est décider de réinjecter de la valeur directement dans votre propre écosystème. Chaque euro dépensé localement a un effet multiplicateur : il soutient l’emploi, finance des services de proximité et renforce la résilience économique de la région. Cette démarche transforme un simple achat en un acte de développement territorial.
Le sourcing local n’est plus un parcours du combattant. Des plateformes comme Le Marché de l’Inclusion, initiative gouvernementale, permettent de cartographier facilement les acteurs inclusifs sur tout le territoire. Avec une structure tous les 14 communes en moyenne, il existe un partenaire potentiel à proximité de chaque entreprise. S’engager avec ces acteurs, c’est aussi faire le choix de la proximité logistique, réduisant ainsi l’empreinte carbone liée au transport et gagnant en agilité sur les délais de production.
Pour passer de l’intention à l’action, une approche structurée est nécessaire. Il s’agit d’intégrer durablement les achats locaux et inclusifs dans votre stratégie d’approvisionnement.
Votre plan d’action pour des achats locaux et inclusifs
- Cartographier : Utilisez des outils comme Le Marché de l’Inclusion pour identifier les structures inclusives (ESAT, EA, IAE) dans votre périmètre géographique.
- Identifier les synergies : Repérez les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE) de votre région pour mutualiser des projets et trouver des partenaires.
- Formaliser : Intégrez des clauses sociales et environnementales spécifiques dans vos appels d’offres pour favoriser et valoriser les réponses des acteurs locaux.
- Mesurer : Évaluez l’impact de vos achats en calculant le multiplicateur d’emploi local et la valeur ajoutée réinjectée sur le territoire.
- Valoriser : Intégrez ces indicateurs d’impact territorial dans votre reporting RSE pour objectiver et communiquer sur la portée de votre engagement.
Comment intégrer un mécanisme de don financier à chaque objet offert ?
Au-delà de sa fabrication et de son origine, un objet peut devenir un véritable « activateur » de générosité. En y associant un mécanisme de don, vous transformez un simple cadeau en un soutien financier direct pour une cause qui vous est chère. Cette stratégie d’activation sociale donne une fonction supplémentaire à l’objet : il ne sert plus seulement à faire plaisir ou à promouvoir une marque, il devient un instrument de collecte de fonds. Plusieurs dispositifs permettent de mettre cela en place de manière transparente et efficace, chacun avec ses propres avantages.
L’arrondi en caisse, transposé aux commandes B2B, le don fixe par produit ou le reversement d’un pourcentage du prix sont autant de solutions pour matérialiser cet engagement. L’important est de choisir le mécanisme le plus adapté à votre modèle et de communiquer clairement sur son fonctionnement auprès de vos collaborateurs ou clients qui recevront l’objet. Cette transparence est la clé de la confiance et de l’adhésion. Le tableau suivant, dont les données sont issues d’une analyse des dispositifs visibles sur des plateformes comme Le Marché de l’Inclusion, compare les principales options.
| Dispositif | Mécanisme | Impact moyen | Transparence |
|---|---|---|---|
| Arrondi sur commande | Micro-don automatique | 0,50€ à 2€ par achat | Traçabilité via MicroDON |
| Don fixe par produit | Montant prédéfini reversé | 1€ à 5€ par objet | Communication directe |
| Pourcentage du prix | % du prix reversé | 5% à 10% du prix | Mention sur facture |
| Mécénat de compétences | Heures de bénévolat débloquées | 1h pour 10 objets vendus | Rapport d’impact annuel |
Cette approche permet de démultiplier l’impact de votre budget. L’objet n’est plus seulement le fruit d’un achat responsable, il génère à son tour une nouvelle valeur sociale. Comme le souligne une étude de l’Observatoire des achats inclusifs, cette vision holistique est de plus en plus recherchée par les entreprises.
Faire appel à ces prestataires inclusifs, c’est l’opportunité de répondre de façon globale à leurs enjeux RSE.
– Observatoire des achats inclusifs, 6ème édition de l’Observatoire – OpinionWay pour Hosmoz
Pourquoi vos figurines ou illustrations doivent refléter la diversité de la société ?
Un objet n’est pas qu’un outil fonctionnel, c’est un puissant vecteur symbolique. Les images, les formes et les représentations qu’il porte envoient un message silencieux mais extrêmement fort sur vos valeurs. Dans une société où la diversité est une réalité, des objets qui ne la reflètent pas sont non seulement une occasion manquée, mais aussi une distorsion de la réalité. Ignorer la diversité dans vos supports de communication, c’est rendre invisible une partie de la population. Or, selon les derniers chiffres de la DREES, 14,5 millions de Français, soit 28% de la population, déclarent une limitation fonctionnelle. Les représenter, c’est simplement reconnaître leur existence.
Créer des objets – que ce soit des figurines, des illustrations sur un carnet ou des personnages dans une vidéo – qui incarnent la diversité des âges, des origines, des genres et des capacités n’est pas un acte anodin. C’est une prise de position qui favorise l’identification et le sentiment d’appartenance. Pour que cette représentation soit juste et évite les stéréotypes, la co-création est la méthode la plus efficace. Impliquer des associations et des personnes concernées dans le processus de design garantit l’authenticité et la justesse du message.
Étude de cas : La co-création inclusive pour des représentations authentiques
Des entreprises comme ÏD Kids ou Orange, accompagnées par des agences spécialisées, ont mis en place des processus de co-création pour leurs contenus. En organisant des focus groups avec des associations comme APF France handicap, elles valident les designs de leurs personnages et illustrations pour s’assurer qu’ils sont respectueux et authentiques. Cette démarche va plus loin : en ajoutant un QR code sur l’objet, elles le transforment en un outil pédagogique, renvoyant vers du contenu qui explique la démarche et sensibilise à la cause de l’inclusion. L’objet devient alors un point de départ pour une conversation plus large.
En soignant la dimension symbolique de vos objets, vous ne vous contentez pas de communiquer : vous éduquez et vous incluez. Chaque objet devient un ambassadeur silencieux de votre engagement pour une société où chacun a sa place et est visible.
Pourquoi changer de cause sociale tous les ans brouille votre message sociétal ?
Face à la multiplicité des causes à défendre, la tentation peut être grande de « papillonner » d’un sujet à l’autre chaque année : une campagne pour l’environnement, suivie d’une autre pour l’enfance, puis pour le handicap… Si l’intention est louable, cette stratégie de l’éparpillement, souvent appelée « cause-washing », dilue votre message et empêche la construction d’un impact réel et mesurable. La crédibilité et l’efficacité d’un engagement sociétal ne naissent pas de la variété, mais de la constance et de la profondeur. Un partenariat durable avec une structure ou sur une thématique précise permet de construire une relation de confiance, de comprendre les enjeux en profondeur et de co-développer des solutions pérennes.
S’engager sur le long terme, c’est passer d’une logique de « coups » de communication à une véritable stratégie d’investissement social. Un partenariat sur trois ans, par exemple, permet de déployer un plan d’action progressif, d’ajuster les objectifs et de mesurer concrètement l’évolution des indicateurs d’impact, comme le nombre d’emplois créés ou de personnes accompagnées. Cette vision à long terme est le seul moyen de générer un changement systémique et de prouver l’authenticité de votre démarche.
Construire un partenariat solide nécessite une feuille de route claire :
- Année 1 : Diagnostic et co-construction. La première année est consacrée à l’identification d’une structure ou d’une cause profondément alignée avec la mission et les valeurs de votre entreprise, et à la définition d’objectifs communs.
- Année 2 : Développement et montée en compétences. Cette phase se concentre sur le déploiement des actions, la formation des équipes (les vôtres et celles du partenaire) et les premiers ajustements.
- Année 3 : Consolidation et essaimage. L’objectif est de pérenniser les actions, de mesurer l’impact global et de commencer à partager les bonnes pratiques et les apprentissages en interne et en externe.

Un bilan triennal permet ensuite d’évaluer objectivement les résultats et de décider d’approfondir ou d’étendre le partenariat. Cette constance envoie un message puissant à vos collaborateurs, clients et partenaires : votre engagement n’est pas une mode, c’est une conviction profonde.
Pourquoi travailler avec une entreprise d’insertion valorise votre commande ?
Au-delà du secteur du handicap, l’écosystème de l’inclusion est vaste et offre de multiples opportunités d’impact. L’Insertion par l’Activité Économique (IAE) représente un autre pilier majeur de l’économie sociale et solidaire. Les structures de l’IAE (Entreprises d’Insertion, Ateliers et Chantiers d’Insertion…) ont pour mission d’accompagner des personnes éloignées de l’emploi (chômeurs de longue durée, jeunes sans qualification, etc.) vers un retour durable sur le marché du travail. Faire appel à elles pour la production ou la logistique de vos objets, c’est transformer une commande en un tremplin professionnel pour quelqu’un.
Le principal atout de l’IAE est son maillage territorial extrêmement dense. Selon l’Observatoire des achats inclusifs 2025, on compte près de 4 600 structures IAE qui emploient 170 000 personnes, soit une présence dans quasiment chaque bassin d’emploi. Cette proximité garantit non seulement une économie locale dynamique, mais aussi une grande réactivité. De plus, l’idée reçue d’une qualité moindre est un préjugé que les professionnels du secteur combattent au quotidien.
Acheter auprès d’une ESAT ou une EA, c’est acheter une haute qualité de produit ou de service.
– Claire Nicoletti, Responsable du pôle entreprises chez Hosmoz
Cette affirmation s’applique tout autant aux entreprises d’insertion, dont le modèle économique repose sur la satisfaction de leurs clients. En choisissant un partenaire IAE, vous bénéficiez d’une prestation professionnelle tout en générant un impact social direct et mesurable. Chaque commande contribue à financer des heures d’accompagnement, des formations et à redonner confiance à des personnes en parcours d’insertion.
Distribution ciblée ou arrosage large : quelle stratégie pour l’objet média ?
La chaîne de valeur inclusive de votre objet ne s’arrête pas à sa sortie d’atelier. La dernière étape, et non la moinde, est sa distribution. À qui cet objet, chargé de sens et d’histoires, est-il destiné ? Une stratégie d’arrosage large, typique des salons professionnels où les « goodies » sont distribués massivement et sans discernement, risque de diluer complètement l’impact de votre démarche. L’objet perd sa valeur et finit souvent oublié au fond d’un tiroir. Pour que votre investissement social porte ses fruits jusqu’au bout, la distribution doit être aussi intentionnelle et stratégique que sa conception.
Une distribution ciblée consiste à remettre l’objet à des publics pour qui il aura une résonance particulière. Il peut s’agir de vos collaborateurs, pour renforcer la fierté d’appartenance et les sensibiliser à l’engagement de l’entreprise. Mais elle peut aussi viser des publics externes spécifiques. Offrir des objets à des résidents d’EHPAD, à des personnes accueillies dans des centres d’hébergement ou à des associations partenaires, c’est créer un lien direct entre votre action et les bénéficiaires finaux. L’impact devient tangible et humain. De plus, faire appel à des services de logistique solidaire (comme des coursiers à vélo issus de coopératives d’insertion) pour assurer cette distribution ajoute un maillon inclusif supplémentaire à la chaîne.
Le choix de la stratégie de distribution dépend de vos objectifs : sensibilisation large ou impact direct. Le tableau suivant synthétise les avantages et les implications de chaque approche.
| Stratégie | Public cible | Impact social | Coût logistique |
|---|---|---|---|
| Distribution massive | Grand public | Sensibilisation large | Élevé – logistique standard |
| Distribution ciblée inclusion | Publics exclus (EHPAD, centres d’hébergement) | Impact direct sur personnes vulnérables | Modéré – partenariats associatifs |
| Logistique solidaire | Clients habituels | Emploi insertion (CoopCycle) | Comparable – valeur ajoutée RSE |
| Circuit ressourceries | Bénéficiaires finaux ESS | Double impact (distribution + seconde vie) | Réduit – mutualisation |
À retenir
- L’objet média doit être pensé comme un écosystème d’impact social, et non comme un simple produit fini.
- L’inclusion se déploie sur toute la chaîne de valeur : co-conception avec des ESAT/EA, sourcing local, représentation fidèle de la diversité et distribution ciblée.
- L’authenticité et l’impact réel de votre engagement reposent sur la cohérence de vos actions et la constance de votre soutien à une cause dans la durée.
Comment vos achats d’objets peuvent-ils soutenir les droits humains et l’économie solidaire ?
En définitive, repenser la manière dont vous achetez vos objets est bien plus qu’une simple optimisation de votre politique d’achats. C’est une décision stratégique qui vous permet d’aligner une fonction opérationnelle de l’entreprise avec sa mission sociétale la plus fondamentale. Chaque étape, de la collaboration avec un ESAT à la décision de représenter la diversité, en passant par le choix d’un fournisseur d’insertion local, devient une preuve tangible de votre engagement en faveur des droits humains, de la dignité au travail et d’une économie plus solidaire.
Cette approche systémique transforme l’objet en un puissant outil de storytelling interne et externe. Pour vos collaborateurs, il devient un symbole de fierté, la matérialisation des valeurs de l’entreprise. Pour vos partenaires et clients, il est la démonstration que votre discours RSE n’est pas qu’une façade, mais qu’il s’incarne dans des actes concrets et vérifiables. L’objet n’est plus un simple « goodie », il est un artefact de votre culture d’entreprise. En adoptant cette vision de la chaîne de valeur inclusive, vous ne vous contentez pas de remplir vos obligations, vous devenez un acteur proactif du changement social.
Commencez dès aujourd’hui par analyser un seul de vos objets récurrents : qui le fabrique, d’où viennent ses composants, qui le distribue et à qui est-il destiné ? Cette simple série de questions est le point de départ pour transformer chaque commande, même la plus modeste, en un véritable acte d’engagement sociétal.