
Le stylo du salon qui finit au fond du tiroir. Le tote bag jamais utilisé. Le mug qui encombre l’étagère. Vous connaissez ce scénario ? J’accompagne des PME suisses depuis plusieurs années, et le constat revient sans cesse : une partie significative des budgets goodies part en fumée faute de ciblage. La vraie question n’est pas « quel objet choisir » mais « pour qui exactement ».
- Clients fidèles : qualité premium, personnalisation poussée, reconnaissance de la relation
- Prospects : utilité quotidienne, coût maîtrisé, premier contact mémorable
- Salariés : usage interne pratique, sentiment d’appartenance, fierté d’équipe
Pourquoi le même goodies pour tous est une erreur coûteuse
Soyons clairs : commander 500 stylos identiques pour tout le monde semble économique sur le papier. Le prix unitaire baisse, le fournisseur est content, le budget est bouclé. Sauf que cette logique ignore un principe fondamental du marketing relationnel.
Un prospect que vous croisez trois minutes sur un salon n’a pas les mêmes attentes qu’un client fidèle depuis cinq ans. Et votre équipe commerciale qui porte vos couleurs chaque jour mérite autre chose qu’un gadget générique. Selon une recherche de l’Université de Toulouse menée auprès de 5122 personnes, le taux de mémorisation d’une marque via un objet publicitaire atteint environ 80 % — à condition que l’objet soit pertinent pour le destinataire.
80%
de mémorisation de la marque quand le goodies correspond aux besoins du destinataire
Dans mes accompagnements de PME suisses romandes, l’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Offrir un stylo haut de gamme à un prospect qui ne vous connaît pas encore. Résultat : l’objet finit dans un tiroir. Sur les campagnes que j’ai suivies — environ une trentaine entre 2022 et 2025 — les prospects répondent systématiquement mieux à l’utile qu’au luxe.

L’analogie que j’utilise souvent avec mes clients : offrir le même goodies à tout le monde, c’est comme servir le même menu à un végétarien et à un carnivore. Techniquement, vous avez nourri tout le monde. Pratiquement, vous avez satisfait personne.
Clients fidèles, prospects, salariés : ce que chaque cible attend vraiment
Avant de feuilleter un catalogue, posez-vous une question simple : qu’est-ce que cette personne va en faire demain matin ? Un client fidèle depuis des années a une relation établie avec vous. Il attend un objet qui reflète cette relation — quelque chose de qualitatif, voire exclusif. Un prospect, lui, ne vous doit rien. Il cherche l’utilité immédiate. Quant à vos collaborateurs, ils veulent sentir qu’ils font partie d’une équipe, pas recevoir un sous-produit de salon.
| Cible | Budget unitaire | Type de produit | Moment idéal | Erreur fatale |
|---|---|---|---|---|
| Clients fidèles | CHF 25-50 | Premium personnalisé (carnet cuir, coffret) | Anniversaire collaboration, fin d’année | Objet générique identique aux prospects |
| Prospects | CHF 5-15 | Utilitaire visible (gourde, sac, chargeur) | Salon, premier contact, événement | Objet luxueux perçu comme manipulation |
| Salariés | CHF 20-40 | Usage quotidien (power bank, veste, gourde) | Onboarding, séminaire, succès collectif | Gadget cheap qui dévalorise l’appartenance |
Comme le souligne une analyse d’Actionco sur la stratégie commerciale, un cadeau pertinent génère environ dix fois plus d’impact qu’un objet générique. Ce ratio m’a frappé quand j’ai commencé à segmenter les commandes de mes clients.
Quel goodies pour votre situation ?
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Vous ciblez des clients fidèles :
Privilégiez la qualité perçue. Un objet qu’ils n’achèteraient pas eux-mêmes mais qu’ils seront fiers de montrer. Comptez CHF 25 minimum par pièce.
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Vous ciblez des prospects sur un salon :
Misez sur l’utile et le visible. Une gourde réutilisable ou un sac en toile qu’ils porteront après l’événement. Budget : CHF 8-15.
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Vous ciblez votre équipe interne :
Choisissez ce qu’ils utiliseront vraiment au quotidien. Un power bank ou une veste technique. L’appartenance passe par l’usage, pas par le logo seul.
Si vous ciblez une audience férue de nouvelles technologies, les codes changent encore : privilégiez les accessoires connectés ou les gadgets innovants qui surprennent.
La méthode en 4 étapes pour choisir le bon goodies par cible
J’ai accompagné Sophie l’an dernier. Directrice marketing d’une PME industrielle genevoise, elle préparait un salon avec un budget de CHF 2’000 pour ses goodies. Son réflexe initial : commander un seul type de produit pour simplifier. Le problème ? Elle devait toucher trois publics distincts : les prospects du salon, ses clients existants invités sur le stand, et son équipe commerciale.
Cas concret : segmentation budget CHF 2’000
J’ai travaillé avec Sophie sur une répartition en trois enveloppes : gourdes éco pour prospects (environ CHF 8 pièce), carnets premium pour clients fidèles (CHF 25), power banks pour l’équipe commerciale (CHF 35). Le même budget total, mais trois impacts différents. Résultat : les commerciaux ont porté fièrement leur power bank pendant des mois, les clients ont remarqué la différence de qualité, et les prospects ont gardé leur gourde sur leur bureau.
Voici la méthode que j’applique systématiquement, et que vous pouvez reproduire pour votre prochaine commande de goodies personnalisés :
Les 4 étapes pour choisir sans se tromper
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Lister vos cibles par ordre de priorité
Notez qui recevra un goodies et dans quel contexte. Un prospect de salon, un client de 3 ans, un nouveau collaborateur ? Chaque ligne = une enveloppe budgétaire distincte.
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Définir l’objectif par cible
Pour les prospects : visibilité et utilité. Pour les clients : reconnaissance et qualité. Pour l’équipe : appartenance et fierté. Cette clarification évite les choix par défaut.
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Répartir le budget en pourcentages
Je recommande souvent : 40 % pour les clients fidèles (moins nombreux, valeur unitaire plus élevée), 35 % pour les prospects (volume plus important), 25 % pour l’interne.
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Valider l’usage réel
Avant de commander, posez-vous la question : cette personne va-t-elle vraiment utiliser cet objet demain ? Si la réponse est floue, changez de produit.

Pour anticiper les délais, voici la chronologie que j’observe sur les campagnes réussies :
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Définition des cibles et répartition budgétaire -
Sélection des produits par segment -
Validation du BAT (bon à tirer) personnalisation -
Réception et contrôle qualité -
Distribution différenciée par cible
Vos questions sur le ciblage des goodies
Peut-on offrir le même goodies à un client et à un prospect ?
Techniquement oui, stratégiquement non. Votre client fidèle mérite une attention différenciée. Si vous offrez le même objet à tout le monde, vous envoyez un message implicite : « vous comptez autant qu’un inconnu ». Les études montrent que environ 77 % des personnes conservent les cadeaux publicitaires — mais cette conservation dépend directement de la valeur perçue.
Quel budget minimum par personne pour un goodies impactant ?
Ça dépend de la cible. Pour un prospect, comptez CHF 5-15 pour un objet utile et visible. Pour un client fidèle, descendez rarement sous CHF 20-25 si vous voulez marquer la différence. Pour vos collaborateurs, CHF 25-40 reste une fourchette cohérente. Ces montants sont indicatifs : j’ai vu des gourdes à CHF 8 faire plus d’effet que des coffrets à CHF 50 mal ciblés.
Les goodies écologiques sont-ils adaptés à toutes les cibles ?
Ils fonctionnent particulièrement bien auprès des moins de 40 ans et dans les secteurs sensibles à la RSE. Pour une cible plus traditionnelle ou un secteur industriel, la qualité perçue prime parfois sur le message écologique. Mon conseil : si vous hésitez, un objet éco-conçu de bonne qualité satisfait généralement tout le monde.
Comment mesurer l’efficacité d’une campagne goodies ?
Trois indicateurs simples : le taux de conservation (demandez lors de visites clients s’ils utilisent encore l’objet), le nombre de mentions spontanées (« j’utilise toujours votre gourde »), et pour les prospects, le taux de transformation post-distribution. Une experte citée par Actionco évoque une augmentation d’environ 40 % du taux de transformation prospects avec des goodies ciblés.
Faut-il différencier les goodies selon l’ancienneté des salariés ?
Je le recommande pour les moments clés : onboarding (kit de bienvenue complet), anniversaires de collaboration (montée en gamme progressive), succès collectifs (récompense uniforme mais qualitative). Un collaborateur de 10 ans ne doit pas recevoir le même kit qu’un nouvel arrivant — sauf si c’est pour célébrer un succès d’équipe où l’égalité compte.
La prochaine étape pour votre campagne
Si vous ne devez retenir qu’une chose : arrêtez de raisonner en prix unitaire. Raisonnez en impact par cible. Un budget goodies segmenté en trois enveloppes distinctes — clients, prospects, équipe — génère systématiquement un meilleur retour qu’une commande massive d’un seul produit.
Votre plan d’action avant la prochaine commande
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Listez vos trois cibles principales et leur contexte de réception
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Répartissez votre budget en pourcentages (40/35/25 est un bon point de départ)
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Pour chaque cible, identifiez l’objet qu’elle utilisera vraiment demain
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Prévoyez 60 jours minimum avant l’événement pour éviter les compromis qualité
Plutôt que de chercher le goodies parfait universel — qui n’existe pas — demandez-vous : qu’est-ce que cette personne précise fera de cet objet précis dans une semaine ? Si la réponse est « le garder sur son bureau » ou « l’utiliser chaque jour », vous tenez votre choix.